Le cercueil dans lequel je suis née

Je ne me déguiserai plus, je ne me cacherai plus derrière les mots pour faire de ma vie une tragédie. Car ce n'est pas de ma vie dont il s'agit mais de morts. Ces morts qui me hantent comme des dibbuks auraient investi mon corps. Je me suis prêtée à leurs jeux funestes. J'ai prêté mon corps, je leur ai laissé la place en me faisant vomir. Je n'écrivais que pour eux. C'est leur cadeau que j'écrive.
L'écriture, à la vie, à la mort.

Non je n'écris pas pour faire joli dans les salons, comme un jeu narcissique ou un passe-temps (des mots qui m'ont fait si mal, les salauds). Chaque ligne est un pas vers la délivrance. Chaque ligne est fragile. Chaque ligne se grave dans ma conscience.
J'écris pour sortir du cercueil dans lequel je suis née.